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Juste Un Homme

Oz Suggérer par mail
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Écrit par Alex The Ghit   
10-06-2007

ozA l'heure où Prison Break fait un tabac, j'ai voulu me replonger dans cette série cultissime à mes yeux, sur laquelle j'ai eu la chance de tomber plusieurs fois par hasard il y a quelques années.

La première saison de Oz date d'il y a dix ans, ce n'est pas tout récent, et ça se ressent au niveau du style, de la réalisation, des effets. Heureusement, l'essentiel de la série se joue sur le scénario et sur les personnages, et là, rien à redire, c'est impeccable. Je laisse la parole à Allociné :

Emerald city. Quartier expérimental de la prison créé par le visionnaire Tim McManus qui souhaite améliorer les conditions de vie des détenus. Mais dans cet univers clos et étouffant se recrée une société terrifiante où dominent la haine, la violence, la peur, la mort. Où tout espoir est vain, où la rédemption est impossible. "Oz est l'endroit où je vis. Oz est l'endroit où je vais mourir, où la plupart d'entre nous vont mourir. Ce que nous sommes importe peu. Ce que nous allons devenir ne compte pas" explique le narrateur depuis sa cage en verre. Bienvenue dans l'antichambre de l'enfer.

Oz, vous l'aurez compris, est à des années lumière de la gentillette série Prison Break. Ce n'est d'ailleurs pas le même style. Il s'agit ici d'une espèce de simulation de vie carcérale, un essai d'un scénariste sur le thème du "que se passerait-il si on créait une prison de haute sécurité sans intimité en presque en autogestion ?". Le résultat est glauque, violent, cynique. Pour survivre, les prisonniers doivent en arriver à tous les extrêmes.

beecherMention spéciale à Tobias Beecher, avocat déchu emprisonné à vie parce qu'il a tué une fillette au volant de sa voiture alors qu'il conduisait en état d'ébriété. Il va peu à peu toucher le fond, perdre toute dignité, pour finalement perdre tout repère, tout sens de la retenue et devenir un animal presque pire que les autres detenus. Et ce n'est que lorsqu'il a atteint cet état de folie que les autres finissent par le respecter.

Il n'y a pas de trame scénaristique véritable dans Oz. On suit juste les quotidien de plusieurs prisonniers, leurs magouilles, leurs peurs et ce qu'ils doivent faire pour survivre.

Je concluerai en précisant que Oz est la première série d'une heure produite par HBO. Suivront Les Soprano, Six feet under, Sur écoute... qui vont peu à peu faire de la chaîne une référence en matière de séries ambitieuses, soignées et déroutantes...

La série est de très bonne qualité. La réalisation n'est pas parfaite, loin de là, de gros progrès ont été faits depuis, mais les personnages sont extrêment attachants / haïssables. Humains quoi. Il y a d'inévitables caricatures, mais les principaux protagonistes, ceux qu'on retrouve du début à la fin, ne sont ni noirs ni blancs, juste humains. Et ça, pour une série télé, il faut reconnaître que c'est fort.

Par contre, il fallait qu'ils s'arrêtent là où ils se sont arrêtés. Le scénario connaît un déclin depuis le milieu de la saison 4 et ne se redresse jamais vraiment. Ca tourne en rond. Normal, c'est une série dans une prison, pourrait-on se dire. Certes, mais plus de la moitié de la série se regarde avec grand plaisir.

A la fin, ça tombe dans la facilité, dans le sordide, dans le macabre qui attire l'oeil. Exemple : pendant quatre saisons, des mecs se font violer, incarcérer nus, tabasser, mais on ne voit pas l'ombre d'une sexe, ni plus de sang que ce qui est rigoureusement nécessaire. Or à partir d'un moment, on montre tout, pénis recroquevillés par le froid, mecs qui se font sodomiser (sans gros plan, merci), gorges tranchées, sang qui gicle. C'est très dommage, c'est vulgaire, la narration perd en force là où l'image se fait plus crue.

hillLa narration justement. Augustus Hill, le narrateur tout au long de la série, est une sorte d'objecteur de conscience. Il dénonce avec humour ou par l'absurde l'univers carcéral que les Etats érigent en rampart contre la déliquance. Ce rôle se perd au peu au fil des saisons.

J'arrête là les points négatifs. La série aurait pu s'arrêter plus tôt, mais s'est achevée avant que le gâchis soit total. Dans l'ensemble, c'est poignant, pernant, mortifant, passionnant, et tout ce que vous voudrez qui finit par -ant. Je conseille à tout le monde, mais avec le coeur bien accroché quand même...

Note : Note-4.gif

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Dernière mise à jour : ( 15-02-2008 )
 
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