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Littérature
Extension du domaine de la lutte, de Michel Houellebecq | Extension du domaine de la lutte, de Michel Houellebecq |
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| Écrit par Alex The Ghit | |
| 16-06-2007 | |
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Je ne connaissais ce romancier, jusqu'à présent, que par sa réputation sulfureuse, et par ses interviews. J'adore ! C'est l'histoire d'un informaticien, dans une SSII, qui doit faire une formation en province pour un logiciel que sa boite a vendu au Ministère de l'Agriculture. Et alors, me direz-vous ? Quel intérêt ? Et bien ce brave homme de trente ans et un dépressif pur et fier de l'être. Il ne cherche pas le suicide, il n'en veut pas à la vie, il est juste détaché de tout. Relations sociales et amoureuses, travail, motivations personnelles, ne sont pour lui que des domaines d'études chez les gens qu'il croise. Et totalement absents chez lui. Cet homme est un perdant, il le sait et ne cherche pas à le changer d'une quelconque manière. Au lieu de ça, il analyse ce qui se passe autour de lui avec un détachement et un cynisme qui me ravissent un peu plus à chaque page.
Le style de Houellebecq est sans fioriture, sans trop de métaphores, sans belles phrases à sens profond et caché. Ou, si par erreur il lui arrive d'écrire une grande phrase, il la démonte dans le paragraphe qui suit avec une sauvagerie à faire plaisir. Ce livre est sans concession, il ne cherche pas à plaire, il ne cherche pas à embellir. Ni même à rendre plus laid. Ce roman est comme son personnage principal : un peu détaché de ce qu'il raconte, et par là-même furieusement original. Tenez, je vous mets un petit extrait pour le plaisir : Un peu plus tard, j'ai eu faim. Près de l'étalage d'un marchand de gaufres, j'ai sympathisé avec un dentiste. Enfin, sympathiser est beaucoup dire ; disons que nous avons échangé quelques mots en attendant le retour du vendeur. Je ne sais pas pourquoi il a cru bon de m'informer qu'il était dentiste. En général, je déteste les dentistes ; je les tiens pour des créatures foncièrement vénales dont le seul but dans la vie est d'arracher le plus de dents possibles afin de s'acheter des Mercedes à toit ouvrant. Et celui-là n'avait pas l'air de faire exception à la règle. Je le conseille à ceux qui aiment Bret Easton Ellis , j'y retrouve certains points que je n'arrive pas encore à clairement expliquer. Si vous avez envie de passer quelques courtes (trop ?) heures à lire un roman original, sautez dessus ! Note : Discuter de cet article dans les forums. (0 Messages) Si vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être :
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| Dernière mise à jour : ( 08-03-2008 ) |
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