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Film américain réalisé par Tim Burton et sorti en 2007.
Si l’on exclut les Noces
Funèbres, qui n’est pas un film à proprement parler, la précédente œuvre de
Tim Burton était le remarquable Charlie et la chocolaterie, sorte de
fable colorée, musicale et complètement déjantée. Deux ans plus tard, Burton
revient sur nos écrans avec le toujours excellent Johnny Depp, et avec une
image sombre et crade telle qu’on l’attend du réalisateur d’Edouard aux
mains d’argent.
Dans le Londres de la fin du
XIXème siècle, Benjamin Barker a tout pour être heureux. C’est un barbier
renommé et talentueux, son affaire marche bien, et sa femme ravissante lui a
donné une merveilleuse petite fille dont il est terriblement fier. Hélas, il
attire la jalousie du malfaisant juge Turpin qui l’envoie croupir en prison
pour voler sa femme.
Des années plus tard, Barker
revient à Londres après s’être évadé, avec des envies de meurtre et de
vengeance. Il reprend possession de son échoppe où il rencontre Mme Lovett,
fabricante de tourtes immangeables, qui lui apprend que sa femme s’est
empoisonnée après avoir été violée par Turpin. Prêt à tout pour assouvir sa
vengeance, Barker, qui se fait maintenant appeler Sweeney Todd, dégoûté par la
ville et ses habitants, reprend du service, en égorgeant tous les clients
solitaires ou de passage. Mme Lovett se débarrasse des corps en cuisinant les
meilleures tourtes qu’elle ait jamais fait, et se met à rêver d’une vie
respectable aux côtés du barbier. Mais ce dernier n’a qu’une idée en tête :
faire payer le juge Turpin…
Avant toute chose, ce film mérite
un avertissement : Sweeney Todd est une comédie musicale, une
vraie, une pure et dure, avec des gens qui chantent dans tous les sens à n’importe
quelle occasion. N’allez pas vous imaginer, sous prétexte que Tim Burton a
réalisé le film, que vous aurez droit à quelque chose d’autre qu’un film
chantant. Non, la griffe de Burton se retrouve partout ailleurs, dans les
décors, sombres, crades, déprimants, dans l’allure des personnages, dans la
violence des images. D’ailleurs c’est étrange de constater que c’est sans doute
le film le plus gore de Burton, avec force de gorge tranchées et d’artères
giclantes. Rien ne nous est épargné dans Sweeney Todd, et sûrement pas
les massacres à tour de bras des clients du barbier taré.
Donc l’univers de Burton est bien
présent, on le sent dès les premières images. Mais dès les premières images, on
a droit à des chansons, et c’est là que le bât blesse. Parce que pour apprécier
ce film, il faut être fan des comédies musicales à l’ancienne, de Broadway et des
grandes envolées lyriques. Johnny Depp s’en sort très bien, la plus surprenante
étant sans doute Helena Bonham Carter, mais voilà, ça chante pour n’importe
quel prétexte. Ce qui fait que si on n’adhère pas à la chanson à tout va, le
film devient insupportable.
A réserver aux amateurs, donc.
Note :
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